La poignée est une prime réservée aux joueurs qui possèdent beaucoup d’atouts. Avant de jouer sa première carte, un joueur peut étaler ses atouts sur la table pour prouver qu’il en a un nombre minimal. L’annonce est facultative. Elle rapporte une prime au camp qui gagne la donne, ce qui en fait une décision plus subtile qu’il n’y paraît.
Les seuils selon le nombre de joueurs
Le nombre d’atouts exigé dépend du nombre de joueurs autour de la table, puisque chacun reçoit plus ou moins de cartes. Les valeurs ci-dessous sont celles du règlement de la Fédération Française de Tarot.
| Poignée | 3 joueurs | 4 joueurs | 5 joueurs | Prime |
|---|---|---|---|---|
| Simple | 13 atouts | 10 atouts | 8 atouts | 20 points |
| Double | 15 atouts | 13 atouts | 10 atouts | 30 points |
| Triple | 18 atouts | 15 atouts | 13 atouts | 40 points |
La poignée présentée doit contenir exactement le nombre requis. Un joueur qui tient onze ou douze atouts à quatre joueurs en montre dix et garde les autres cachés. Les atouts sont présentés classés dans l’ordre.
Le cas de l’Excuse
L’Excuse peut remplacer un atout manquant. Il y a une condition : la présenter dans la poignée signifie que le joueur n’a aucun autre atout en main. Un joueur à neuf atouts plus l’Excuse peut donc montrer une poignée simple à quatre joueurs. Celui qui a dix atouts et l’Excuse montre ses dix atouts et garde l’Excuse pour lui.
À qui revient la prime
C’est le point qui surprend le plus les débutants. La prime va au camp vainqueur de la donne, pas forcément à celui qui l’a annoncée. Si le preneur montre une poignée et chute son contrat, il paie la prime à chaque défenseur en plus de sa perte. Si un défenseur montre dix atouts et que le preneur gagne quand même, la défense paie la prime au preneur.
La prime n’est pas multipliée par le contrat. Une poignée simple vaut 20 points en prise comme en garde contre. Elle s’ajoute au résultat après application du coefficient.
Exemple chiffré
À quatre joueurs, le preneur fait une garde, présente une poignée de dix atouts et mène le Petit au bout. Il termine avec deux bouts et 49 points, soit 8 points au-dessus de son objectif de 41. Le calcul donne (25 + 8) × 2 = 66, plus 20 de poignée, plus 10 × 2 = 20 de Petit au bout. Chaque défenseur lui doit 106 points et il marque 318 points sur la donne. Cet exemple reprend celui du règlement officiel, ce qui permet de vérifier sa propre méthode.
Annoncer ou se taire
Montrer ses atouts informe tout le monde. Les adversaires savent combien d’atouts il reste chez les autres et lesquels vous tenez. Pour le preneur, l’information profite surtout à la défense. Pour un défenseur, montrer une poignée renseigne ses partenaires mais lui fait courir le risque de payer si le preneur gagne.
En pratique, la plupart des joueurs annoncent une poignée quand ils sont confiants dans l’issue de la donne et la gardent pour eux quand ils doutent. Le preneur qui a pris de justesse a souvent intérêt à se taire.
Les erreurs à éviter
- Annoncer après avoir joué sa première carte : c’est trop tard, l’annonce se fait juste avant.
- Présenter onze atouts au lieu de dix, ce qui révèle une carte de trop sans rien rapporter.
Le calculateur intègre la poignée dans le score de chaque joueur. La définition officielle se lit dans le règlement de la FFT (PDF).